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La renaissance de la maçonnerie en Roumanie

postat 3 apr. 2012, 06:28 de Loja Athenaeum

Traduction de la revue Scotish Rite, 1993

Collège des chercheurs du C.R.E.F.P.B.

 

         Traduction de l’anglais du message transmis par Elvio Sciubba, celui qui, au lendemain de la Révolution de 1989, a, pour la première fois, chargé le premier Roumain, FR. Ghorghe Gheorghiu Pancraţiu, ambassadeur de Roumanie à Rome et au Vatican, de la renaissance et la réorganisation de la franc-maçonnerie en Roumanie.

 

         Au lendemain de la seconde guerre mondiale, une série de Leaders Maçons ont eu l’occasion de contacter la Maçonnerie Roumaine et de l’aider à construire la Grande Loge de la Roumanie et le Suprême Conseil de Rite Ecossais, en conformité avec la Grande Constitution du Grand Orient d’Italie.

         Quelques années plus tard, une délégation de la part de Grand Lodge of New York s’est rendue en Roumanie, pour instituer trois autres loges symboliques qui travaillaient ensemble sous l’autorité de Grand Lodge.

         En 1925, quelques Loges composaient la Grande Loge de la Roumanie, extrêmement actives et qui menaient des efforts assidus afin de se faire accepter par les autres Grandes Loges du monde aussi, étant soutenues, en ce sens; par le Suprême Conseil de Roumanie.

         La reconnaissance de la régularité allait être reçue lors de la Conférence Internationale des Conseils Suprêmes de Bruxelles, en Belgique, en l’an 1935.

         En observant les Landmaks de la Franc-maçonnerie comme loi suprême, en gardant toujours la Bible sur l’autel Maçonnique, le strict respect des lois fut une caractéristique du Suprême Conseil de Roumanie.

         La Grande Loge Nationale de la Roumanie et le Rite Ecossais de Roumanie complétaient mutuellement leur activité maçonnique pendant l’occupation nazie et plus tard pendant celle de la Russie communiste, parvenant ainsi à survivre à la seconde guerre mondiale.

Durant cette période, nombreux furent les frères exilés dans des pays tels la France, l’Italie, Israël, Etats-Unis et autres, pour échapper à la persécution nazie et aux troupes de l’Armée Rouge.

         Parmi ceux qui restèrent dans le pays, beaucoup furent arrêtés, torturés, rien que pour avoir été soupçonnés d’appartenance à la franc-maçonnerie, cette communauté universelle ayant pour vocation l’épanouissement de l’esprit humain.

         Naturellement, la Loge de la Roumanie se vit obliger d’interrompre son activité, à cause des sacrifices incroyables. Aujourd’hui, au bout de plus de 50 ans de persécution et d’exil, les Maçons Roumains ont trouvé l’opportunité de rentrer dans le pays. L’oppression communiste a été écartée grâce aussi au démembrement de l’Union Soviétique et avec l’aide des forces libératrices prêtes à édifier une société libre en Roumanie.

         Les Frères revenus de l’exil, tout comme ceux qui ont réussi à survivre dans le pays, ont finalement eu la chance de reprendre l’activité maçonnique dans leur pays natal.

         Comment s’explique ce travail merveilleux et historique?

         La Juridiction du Sud du Rite Ecossais, sous la houlette du Souverain Grand Commandeur C. Fred Kleinknecht, 33º, écrivait aux Maçons Roumains: “Soyez sûrs que votre détermination, votre dévouement et vos efforts ont mon entier soutien pour le rétablissement de la Franc-

-maçonnerie en Roumanie “. De même, Ill.: Fr.: H.Douglas Lemons, 33º, P.G.M. des Maçons de

Californie et S.G.I.G de Californie a eu une part de contribution majeure à faire rentrer en Roumanie la lumière maçonnique.

         Début novembre 1990, The Scotish Rite Reporter de Long Beach, Californie, écrivait: “en travaillant avec Ill. Elvio Sciuba, 33º et la Grande Loge d’Italie, et avec l’appui de la Grande Loge de Californie et du Grand Maître Roland A. Sherod, 32º, nous avons réalisé de grands progrès pour ce qui est de l’installation d’une nouvelle Grande Loge en Roumanie“.

         Par ailleurs, l’excellent travail de Frère Arnold Herman, 32º K.C.C.H. né en Roumanie, mais résidant en Amérique et en Suisse, commence à porter ses fruits. Il a pris contact avec un nombre significatif de Frères maçons roumains de l’exil et du pays. Cet enthousiaste a embrassé l’idée de reconstruire la franc-maçonnerie dans son pays d’origine.

         Saisissant l’opportunité, le Grand Orient d’Italie fonde, entre février et juin 1992, à Bucarest, 3 loges principales: Harmonie, Delta du Danube et Nicolae Bălcescu. Les conditions étaient ainsi réunies pour refaire la Grande Loge Nationale de Roumanie.

         Peu après, les Frères de Roumanie ont envoyé un message de gratitude à M.:W.: Giuliano Di Bernardo, Grand Maître du Grand Orient d’Italie, le remerciant pour son effort et lui demandant s’il pouvait mener le cérémonial de renaissance de la Grande Loge Nationale de Roumanie.

         Ainsi, le 24 janvier 1993, la lumière maçonnique était rallumée en Roumanie. Le Grand Maître Di Bernardo présida la mémorable cérémonie, lors de laquelle les 100 Frères roumains et les invités présents assistèrent au transfert de l’autorité maçonnique vers Niculae Filip, premier Grand Maître de Roumanie élu après environ un demi-siècle. A la fin du rituel d’ouverture, M.W. Di Bernardo déclarait :

“ Chers frères, je vos remercie d’avoir accepté l’invitation de venir participer à Bucarest à ce moment historique de la Grande Loge Nationale de Roumanie. La signification de cette réunion solennelle dépasse de loin toute autre chose, car elles sont rares les occasions prouvant si nettement la force de la chaîne universelle fraternelle d’union“.

         Alors M.W. Frate Di Bernardo invita Frère Niculae Filip devant l’Autel pour qu’il assume son obligation de Grand Maître et lui dit, la main sur la Bible: “Je vous offre maintenant les 3 loges que vous avez jusqu’ici et qui ont travaillé sous l’autorité et la protection du Grand Conseil d’Italie“.

         Il demanda, ensuite, aux Vénérables Maîtres des Loges Harmonie, Delta du Danube et Nicolae Bălcescu, de prêter serment devant l’Autel et conclut: “Maintenant, comme vous l’avez souhaité, je vous libère du Grand Orient d’Italie et vous place sous la protection de la Loge Nationale de la Roumanie “.

         Ainsi s’ouvrait un nouveau chapitre de la Franc-maçonnerie universelle.

         La réactivation de la Loge Romaine est un exemple de victoire inévitable de l’esprit et de l’âme  des gens libres sur toute forme de tyrannie et d’oppression.

         Frères Roumains, soyez les bienvenus dans le Temple de la Franc-maçonnerie, cette maison que dans vos cœurs vous n’avez, en fait, jamais abandonnée.

 

Couverture de la Revue Scotish Rite, avec photo du  Grand Maître de l’époque respective, le Duc de Kent